A la recherche de nos ressources personnelles



Quel est le travail du psychologue finalement ? Etre un soutien pour le patient ? Etre un accompagnateur des moments difficiles voire un guide ? Que signifie le terme « thérapeute », en quoi et comment la relation d’aide avec le patient est-elle « thérapeutique » ? Telles sont les questions que chaque psychologue devrait se poser et se re-poser de temps en temps.

Aujourd’hui j’ai vu deux patientes qui m’ont donné une piste de réponse. En les voyant reprendre goût à la vie, se relancer dans des projets, sortir de leur lit et se tourner vers les autres, repenser à leur développement personnel, c’est-à-dire, être à l’écoute d’elles-mêmes, j’ai compris que « psychothérapeute » signifiait « personne qui soutient l’autre dans la recherche de ses ressources personnelles afin de les remettre en mouvement ».

Nous ne sommes pas là pour coller nos patients à la même chaise durant des années. Nous sommes là pour les aider à ne plus avoir besoin de venir s’asseoir sur cette chaise. Et comment faire pour que le patient n’ait plus besoin de venir ? En re-activant ce qu’ils ont en eux !

Nos patients ne nous ont pas attendus pour vivre ! Cela fait des années qu’ils s’en sortent, qu’ils se débrouillent avec leurs corps et leur façon d’être. Nous ne sommes là que pour relancer la machine ! Et pour relancer la machine, on ne doit pas se tromper et penser qu’on doit ajouter quelque chose de nous. Au contraire, on doit aller chercher en eux leurs ressources ! Si nous agissons autrement et que nous tentons de les motiver de manière externe, comment pourraient-ils s’approprier leurs avancées ?

Quand le patient arrive dans notre bureau, même s’il est parfois envoyé par un collègue, c’est lui qui se traîne jusque-là. Les patients qui ne désirent pas voir de psychologue viendront peut-être une fois ou deux mais le suivi sera bien vite avorté. Les patients qui restent font, eux, la démarche de rester. Pourquoi ? Parce qu’ils sentent qu’ils en ont besoin.

Nous sommes donc là pour soutenir ce premier pas vers l’écoute d’eux-mêmes. Nous sommes là pour les aider à se connecter à leurs besoins, à leurs désirs, à leurs limites, pour entendre comment ils peuvent respecter ce fragile équilibre entre besoins, désirs et limites. Quand le patient sera à nouveau connecté à lui-même, il sera à nouveau connecté à ses ressources internes et personnelles.

Quelle est la caractéristique du patient déprimé ? Il est triste, ok… Mais en deçà ? Il est déconnecté de son corps. Son corps ne lui appartient plus, il n’a plus d’appétit, il ne dort plus, il est toujours fatigué, comme si le corps n’existait plus, plus d’appel… Plus personne pour entendre les appels ! En plus, le patient a l’impression de « perdre la tête » : trouble de la mémoire, de la concentration, le patient en oublie carrément les noms de ses petits-enfants ! Au final, il ne se reconnaît plus et s’éloigne de lui-même, et par conséquent de ses ressources.

En tant que thérapeute, nous allons lui demander « comment ça va ? » ce à quoi il répondra « ça va » et nous pourrons lui renvoyer « ah bon, votre corps n’envoie pas le même message, vous avez l’air fatigué »… Nous allons le reconnecter… Nous pouvons aussi lui demander « mais comment vous êtes vous senti à ce moment-là ? » pour l’accompagner dans la reconnexion à ses émotions (émotions et corps qui sont tellement en lien !) Et petit à petit, le patient se réhabituera à faire cette connexion par lui-même.

Une fois qu’il pourra à nouveau être à l’écoute de lui-même, c’est là qu’il pourra se réapproprier à lui-même et se relancer dans des projets de vie et se retourner vers les autres.

Evidemment, cette analyse se concentre sur un seul aspect du travail du thérapeute, mais cet aspect est essentiel car il permet l’autonomisation du patient qui deviendra patient-thérapeute-de-lui-même.


La psy

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